L’agriculture en FranceLa France est le premier pays producteur agricole de l’Union Européenne, contributeur à 18%. En 2020, le territoire métropolitain à lui seul comptait 389 000 exploitations agricoles d’une surface agricole utile (SAU) moyenne de 69 hectares. Le secteur agricole concerne 1,5% de la population active occupée française et représente 3,5% du PIB.
Les productions agricoles françaises
La carte ci-dessus présente la répartition des productions agricoles sur le territoire français. En 2020, trois exploitations sur dix étaient spécialisées en grandes cultures.
Nombre (milliers) d'exploitations par spécialisation(Source : Agreste, Recensements agricoles 2020)
Agriculture et empreinte carboneL’agriculture émettait 85 M tCO₂eq en 2019 (19%), ce qui fait d’elle le second poste d’émissions de gaz à effet de serre (GES) français après les transports (31%). Issues principalement de processus biologiques, les émissions agricoles sont essentiellement composées de trois gaz : le protoxyde d’azote (N2O), le méthane (CH4) et le dioxyde de carbone (CO₂).
Répartition des émissions de GES en France (2010)Source : CITEPA 2012
Les postes d’émissions agricolesLes émissions agricoles de N2O résultent principalement de la fertilisation minérale et organique des cultures. Le CH4 est issu de la fermentation entérique et des déjections animales de l’élevage, en particulier de l’élevage bovin (à 84%). Enfin, la consommation d’énergie par les engins agricoles et sylvicoles est également source d’émissions de CO₂.
Principaux mécanismes d'émissions de GES et de stockage de carbone dans le secteur agricoleSource : Institut National de Recherche Agronomique (INRA - 2013)
Quelle contribution de l’agriculture à la lutte pour le climat ?Le potentiel du secteur agricole dans la lutte contre le changement climatique est multiple. Les réductions des émissions de N20 et de CH4 propres à ce secteur sont évidemment essentielles, mais l’agriculture présente également d’autres leviers : le stockage de carbone dans les sols et la biomasse, la production d’énergie ou de matériaux à partir de cette biomasse, en substitution d’éléments ou processus plus carbonés. Stockage de carbone
Dans les trente premiers centimètres du sol, les quantités de carbone stockées varient selon le type d’usage des sols : Par ailleurs, la biomasse végétale peut également permettre de stocker durablement du carbone, par exemple par l’implantation de couverts forestiers (à condition de les gérer durablement).
Économie et production d’énergieSelon l’ADEME, le secteur agricole a contribué en 2015 à la production de 20% des énergies renouvelables françaises soit 4,5 millions de tonnes équivalent pétrole (tep). En effet, une partie de la biomasse agricole est destinée à la production de biocarburants et les terres agricoles constituent des surfaces intéressantes pour l’implantation d’éoliennes. Le développement de la méthanisation et du photovoltaïque laisse par ailleurs envisager une production à la hausse dans le futur. L’objectif fixé à horizon 2050 est la production de 15,8 M tep.
Production de matériauxLes fibres, telles que le chanvre, peuvent être utilisées de diverses façons, notamment pour leurs propriétés mécaniques particulières : matériaux destinés à la construction ou à l’industrie automobile, raquettes de tennis, instruments de musique... Les valorisations possibles sont multiples. L’amidon, retrouvé dans le blé, le maïs ou encore la pomme de terre, est quant à lui une bonne alternative au plastique (sacs, capsules de café, etc). Enfin, les produits à base de bois sont multiples. Outre l’ameublement ou la construction, ils peuvent se substituer à de nombreux matériaux pour produire isolants, cadres de vélo, vêtements ou autres. Toutes ces utilisations, sources de nouveaux débouchés pour les agriculteurs, permettent la valorisation de coproduits et la substitution de ressources fossiles.
Une étude de l’INRA a mis en évidence un potentiel d’atténuation des émissions agricoles annuelles cumulées de 32 millions de tonnes équivalent CO₂ en France.Par l’activation des leviers énoncés, la stratégie nationale bas-carbone prévoit ainsi une évolution à la baisse des émissions de GES à horizon 2050, présentée sur le graphique suivant :
Projections des émissions de GES de l’agricultureSource : CITEPA 2012
Outils et initiatives agricoles pour l’atteinte des objectifs climatiquesAgroécologie, agriculture biologique, agriculture de conservation, production intégrée, etc, sont de nombreux concepts décrivant des modes alternatifs de production agricole respectueux de l’environnement.
Un certain nombre d’outils ont été mis au point par le gouvernement français afin d’encourager le monde agricole à ces pratiques. Parmi ceux-ci, on peut citer le dispositifBon diagnostic carboneet leLabel Bas-Carboneayant pour objectif le calcul puis la réduction des émissions de GES liées aux exploitations, et l’augmentation du stockage de carbone. En particulier, leLabel Bas-Carbonepermet le financement de projets vertueux pour le climat et l’environnement.
«Avec le Label Bas-Carbone, la France a déjà pris les devants»Julien Denormandie - Ministre de l'Agriculture - le 08/02/2022 à Strasbourg) Au travers d’une comptabilisation carbone rigoureuse, il permet l’émission de crédits carbone certifiés par le Ministère de la Transition Écologique. Ces crédits peuvent être achetés par des entreprises engagées dans une démarche de volontariat, afin de contrebalancer fictivement leurs émissions résiduelles de GES en participant au financement de projets de réduction d’émissions de GES ou d’augmentation des puits de carbone. LeLabel Bas-Carbonepeut s’appliquer à différents secteurs : transition écologique des grandes cultures ou des élevages bovins, plantation de vergers, boisements ou replantation de forêts sinistrées... Le champ des possibles s’agrandit chaque année.
Ces projets doivent respecter un cahier des charges exigeant, défini dans des méthodologies propres à chaque typologie de projet. Ce point technique nécessite une expertise carbone et la contribution de différents interlocuteurs orchestrés par un opérateur carbone. C’est précisément le rôle de STOCK.
Noah Bouffiès - STOCK CO₂
____________________Et pour aller plus loin...Ressources :-Les émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture, site de la République Française -Quelle contribution de l’agriculture française à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, INRA -Analyse comparative de scénarios de lutte contre le changement climatique pour l’agriculture à l’horizon 2035, ADEME, 2015 -Les sols pour la sécurité alimentaire et le climat, Initiative 4 pour 1000 -Agriculture et énergies renouvelables, ADEME -La bioéconomie dans les objets du quotidien, Ministère de l’agriculture et de l’alimentation -Proposition de PSN PAC 2023-2027 de la France, Ministère de l’agriculture et de l’alimentation



